Chris, 25 ans
Qui:
Chris, 25 ans, White Rock
Âge au moment du diagnostic de diabète de type 2:
17 ans
En rémission depuis :
8 ans
Avant le diagnostic:
J’étais un petit enfant plutôt maigre. Mes parents essayaient toujours de me faire prendre du poids. Mais entre la 3ᵉ et la 8ᵉ année, j’ai beaucoup grossi, et les régimes n’ont pas vraiment fonctionné. Je n’étais pas attiré par les sucreries ni les boissons gazeuses, mais je pouvais manger une pizza large à moi seul. Je me disais que je n’étais pas obèse, juste un peu enrobé — parce que j’avais le visage mince. Mais à 17 ans, j’avais un IMC d’environ 28, avec beaucoup de graisse abdominale.

Symptômes:
À ma dernière année du secondaire, je ne me sentais pas bien. Je buvais beaucoup d’eau, je transpirais énormément. Je me réveillais souvent au milieu de la nuit pour aller uriner. Certains jours, je me sentais très lent, fatigué — mais je pensais que c’était normal. C’est ma mère qui m’a amené chez le médecin pour s’assurer que tout allait bien.
Diagnostic:
Les analyses ont révélé que ma glycémie était très élevée. Mon HbA1c (qui mesure la glycémie sur trois mois) était à 8,5 %, ce qui correspond à un diabète. Au début, comme j’étais jeune, ils ont soupçonné un diabète de type 1 ou un LADA (diabète auto-immun latent de l’adulte), qui présente des caractéristiques du type 1 et du type 2. Mais après plusieurs tests et suivis, le diagnostic a été confirmé : diabète de type 2.
Pourquoi avoir tenté la rémission ?
Au départ, j’étais dans un déni total. J’avais honte. J’étais déprimé. Le médecin m’avait recommandé de prendre rendez-vous avec une diététiste… mais je ne l’ai pas fait.
On m’a prescrit de la metformine, mais je ne la prenais pas régulièrement. Pendant six à neuf mois après le diagnostic, je n’ai rien changé, et ma glycémie est restée élevée. Puis, j’ai commencé à faire des recherches. Avec mes antécédents familiaux, j’étais à haut risque de complications : cécité, insuffisance rénale, amputations… et je me suis dit : « Je dois vraiment faire quelque chose. »
Qu’avez-vous fait ?
J’ai commencé à chercher sur Google « comment guérir le diabète » et d’autres expressions du genre. En 2015, il n’y avait pas encore beaucoup d’informations, mais j’ai trouvé un subreddit sur le régime cétogène (keto). La plupart des gens y allaient pour perdre du poids, mais j’ai appris que ça pouvait aussi aider à renverser un diabète de type 2. Alors j’ai décidé d’essayer.
Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ?
Je n’ai pas dit à mon médecin que je faisais le régime keto… jusqu’à mon rendez-vous trois mois plus tard. J’avais perdu plus de 25 livres et mon HbA1c avait chuté de 8,5 à 5,4 %. Il m’a mis en garde contre certains effets secondaires, comme l’hypoglycémie, mais m’a dit : « Continue ce que tu fais, ça fonctionne. » J’ai effectivement eu quelques épisodes d’hypoglycémie. Une fois, en classe, j’ai commencé à transpirer, ma vision s’est troublée. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de consulter une diététiste pour faire le régime keto de façon sécuritaire.
Et maintenant ?
J’ai suivi le régime keto pendant un an. J’étais très motivé, je comptais mes glucides tous les jours. Mais à long terme, ce n’était pas durable pour moi. Je suis passé à une alimentation saine faible en glucides, sans compter obsessivement, mais en étant attentif à ce que je mange. Si jamais ma glycémie remontait, je retournerais vers le keto pour la stabiliser, mais pour l’instant, tout va bien. J’ai aussi découvert l’escalade… et j’adore ça ! C’est à la fois intense et stimulant, et ça me garde actif et en forme.
Quel est votre repas incontournable ?
J’adore faire du chili. J’y mets plein de légumes, des pois chiches, quelques haricots. C’est surtout composé de légumes et de protéines, et c'est délicieux. Et en plus, ça se conserve toute la semaine au frigo — parfait pour un étudiant universitaire.
Que souhaitez-vous dire aux autres?
Je veux dire aux jeunes que la rémission est possible. Je veux qu’ils se sentent outillés, inspirés, pleins d’espoir. Il y a beaucoup de stigmatisation liée au diabète de type 2 chez les jeunes. On peut tomber dans le déni, sombrer dans la dépression, comme je l’ai fait. Mais je veux qu’on sache que c’est possible de s’en sortir. On n’est pas condamné à prendre des médicaments à vie. Et surtout, on se sent tellement mieux. J’ai récemment terminé mes études en pharmacie, et j’espère que comme pharmacien, je pourrai aider les gens à découvrir la rémission du diabète de type 2, et à se sentir soutenus dans cette démarche.
Meilleurs conseils?
Vous allez vivre des rechutes. C’est normal. N’en faites pas un drame. Comprenez que c’est un processus, et ayez une vision à long terme. Puis, dès que vous le pouvez, reprenez le cap.